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    Bulletin n°11 Octobre - Décembre 2012
SFR - CERF : VEILLE SCIENTIFIQUE N°11

Après des Journées Françaises de Radiologie particulièrement riches en développements, innovations et recherche, voici le dernier bulletin de veille scientifique SFR-CERF de l'année 2012. Vous retrouverez ici les articles marquants identifiés par les responsables des cellules de veille scientifique de la SIAD, du CIREOL et de la FIC. L'IRM, la TEP-IRM, l'imagerie fonctionnelle de diffusion, les outils de quantification et les outils de caractérisation tissulaire sont particulièrement à l'honneur.

Bonne lecture à tous, et par avance Bonnes Fêtes de fin d'année.

Veille Scientifique SFR-CERF
Jean-Marc CONSTANS, Charles-André CUENOD, Alain LUCIANI

Contact : bulletin-veille@sfradiologie.org


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3 articles recommandés par la SIAD
(Société d'Imagerie Abdominale et Digestive)

Une mesure automatisée, rapide et fiable du volume hépatique

L'équipe radiologique de l'Hôpital Henri Mondor a étudié une technique de calcul du volume hépatique par segmentation automatisée (SA) et l'a comparée en termes d'exactitude de calcul des volumes et de temps de traitement de l'image a une technique classique par segmentation manuelle-interpolation (SMI). Quarante patients, âgés de 57,5 ans, ayant eu une transplantation hépatique ont été inclus rétrospectivement. Les examens scanographiques ont été effectués avec un scanner 64 coupes en utilisant une collimation de 0,625 mm et une technique multiphasique (sans IV, temps artériel, temps portal). Les volumes hépatiques ont été mesurés avec une technique de segmentation manuelle suivie d'une interpolation des points de contourage (SMI) en utilisant les images du temps portal et avec une technique de segmentation automatisée complexe utilisant les images des temps artériel et portal (SA). Les auteurs ont trouvé une forte corrélation entre les résultats des deux techniques de calcul et le volume réel des foies explantés (SMI, r = 0,87 [P < 0,0001] ; SA, r = 0,90 [P < 0,0001]). En revanche, le temps de traitement et de calcul des volumes était significativement plus rapide avec le logiciel de segmentation automatisé (SA, temps moyen = 16 s ± 5 ; SMI, temps moyen = 86 s ± 3 ; P = 0,01). Les auteurs concluent que le calcul automatisé de la volumétrie hépatique à partir du scanner hélicoïdal est très fiable et surtout plus rapide que le calcul manuel. Il devrait donc être utilisé dans de nombreuses applications cliniques.

Luciani A, Rusko L, Baranes L, Pichon E, Loze B, Deux JF, Laurent A, Tran-Van-Nhieu J, Rahmouni A. Automated liver volumetry in orthotopic liver transplantation using multiphase acquisitions on MDCT. AJR Am J Roentgenol 2012;198:W568-574.

Pour consulter l’article :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22623572
http://www.ajronline.org/content/198/6/W568.long
http://www.ajronline.org/content/198/6/W568.full.pdf+html


Comment la surcharge graisseuse modifie les paramètres de diffusion en IRM hépatique à 1,5-T

L'équipe radiologique de l'Hôpital Beaujon a étudié l'effet de la surcharge graisseuse au cours de l'IRM de diffusion hépatique à la fois in-vitro sur des fantômes et in-vivo chez des patients atteints de stéatose hépatique diffuse. Les IRM de diffusion ont été effectuées à 1,5-T, avec 11 valeurs de b allant de 0 à 500 s/mm2 sans et avec saturation de la graisse, sur des fantômes ayant un contenu graisseux allant de 0 à 18 %, chez 14 patients sans stéatose hépatique et 5 patients avec une stéatose hépatique prouvée histologiquement. Les valeurs du coefficient apparent de diffusion (ADCtotal), du coefficient de diffusion moléculaire pure (Dslow ou D), du coefficient de perfusion de l'ADC (Dfast ou D*) et de la fraction de perfusion (f) étaient calculées. Les auteurs montraient qu'une forte corrélation existait entre l'ADCtotal et le Dslow et la teneur en graisse dans les fantômes. Le Dslow chutait significativement chez les patients ayant une stéatose hépatique (0,96 ± 0,16×10-3 mm2/s) par rapport aux patients indemnes de stéatose hépatique (1,18±0,09 × 10-3 mm2/s) (P = 0,005), alors que la différence d'ADCtotal n'était pas significative entre ces deux groupes (1,26 ± 0,25×10-3 mm2/s et 1,41 ± 0,14 × 10-3 mm2/s, respectivement, P = 0,298). Cette étude montre que la surcharge graisseuse hépatique modifie certains paramètres de diffusion et que sa présence doit être considérée lorsque de telles mesures sont effectuées. Elle confirme les résultats de l'étude de Dijon effectuée à 3-T (Guiu B et al. Radiology 2012;265:96-103).

Leitão HS, Doblas S, d'Assignies G, Garteiser P, Daire JL, Paradis V, Geraldes CF, Vilgrain V, Van Beers BE. Fat deposition decreases diffusion parameters at MRI: a study in phantoms and patients with liver steatosis. Eur Radiol 2012. DOI : 10.1007/s00330-012-2626-8

Pour consulter l’article :
http://rd.springer.com/article/10.1007%2Fs00330-012-2626-8


Une méta-analyse montre que l'entéroscanner hélicoïdal avec entéroclyse a des performances très élevées dans la détection des tumeurs du grêle

L'équipe radiologique de l'Hôpital Lariboisière a effectué une méta-analyse pour déterminer la sensibilité et la spécificité de la TDM hélicoïdale avec entéroclyse dans la détection des tumeurs du grêle. La recherche a porté sur la période de Janvier 1992 à Octobre 2010 pour identifier les articles consacrés à la détection des tumeurs du grêle par entéroscanner hélicoïdal avec entéroclyse qui utilisaient le résultat de la chirurgie, l'anatomopathologie et/ou le suivi clinique comme standard de référence. L'analyse des résultats a porté sur les performances par patient et par lésion en utilisant un modèle bivarié avec analyse de sous-groupes. Douze études (696 patients) correspondaient aux critères de qualité prédéfinis par les auteurs. La prévalence moyenne des tumeurs était de 22,6 % (extrêmes : 7,7-45,8 %). L'hétérogénéité inter-étude était substantielle pour la sensibilité (I2 = 66,9 % ; 95 % CI 28,7-88,5 %) et faible pour la spécificité (I2 = 10,6 %; 95 % CI 0,0-55,0 %). La sensibilité globale par patient était de 92,8 % (95 % CI: 71,3-98,5 %) et la spécificité de 99,2 % (95 % CI: 94,2-99,9 %) pour le diagnostic de tumeur du grêle. L'analyse par sous-groupe révélait que l'utilisation d'une préparation du grêle avant l'examen, plus d'un passage et plus de 2 litres pour remplir le grêle n'amélioraient pas les performances de la technique. Cette méta-analyse confirme que la TDM hélicoïdale avec entéroclyse a une très forte sensibilité et une excellente spécificité dans la détection des tumeurs du grêle. Elle démontre qu'un seul passage au temps portal est suffisant pour obtenir une détection optimale des tumeurs, permettant ainsi de limiter l'irradiation des patients. Cependant cette étude souligne la faiblesse de nombreuses études dans leur conduite et le manque de standardisation, notamment dans la description des résultats par lésion.

Soyer P, Aout M, Hoeffel C, Vicaut E, Placé V, Boudiaf M. Helical CT-enteroclysis in the detection of small-bowel tumours: a meta-analysis. Eur Radiol 2012 Aug 4. DOI : 10.1007/s00330-012-2595-y

Pour consulter l’article :
http://rd.springer.com/article/10.1007%2Fs00330-012-2595-y

2 articles recommandés par le CIREOL
(Société Francophone d'Imagerie Tête et Cou)

Comparison between ultrasonography and MR imaging for discriminating squamous cell carcinoma nodes with extranodal spread in the neck

Cet article a comparé les performances respectives de l’IRM et de l’échographie pour distinguer les adénopathies avec effraction capsulaire, facteur de mauvais pronostic, des adénopathies sans effraction capsulaire chez 50 patients porteurs d’un carcinome épidermoïde tête et cou. Les critères échographiques d’effraction capsulaire étaient des bords irréguliers. Les critères IRM d’effraction capsulaire étaient (1) l’effacement du tissu graisseux entre l’adénopathie et les structures de voisinage, évalué sur une séquence pondérée en T1, (2) l’hypersignal du tissu interstitiel autour de l’adénopathie, évalué sur une séquence T2 Fat Sat et (3) un rehaussement périphérique irrégulier ou interrompu après injection, évalué sur une séquence T1 après injection de gadolinium.
Cette étude a montré que l’association des critères échographiques taille de l’adénopathie (> 22 mm) et bords irréguliers présente un taux de classification similaire et une spécificité plus importante que l’association taille de l’adénopathie  et critères IRM pour distinguer les adénopathies avec et sans effraction capsulaire.

Katayama I, Sasaki M, Kimura Y, Hotokezaka Y, Eida S, Tashiro S, Sumi M, Nakamura T.
European Journal of Radiology 2012 Nov;81(11):3326-31.

Pour consulter l’article :
http://www.ejradiology.com/article/S0720-048X(12)00285-9/abstract


Apport de la cartographie ADC à 3T pour la discrimination bénin/malin des ganglions cervicaux

Cet article présente l'intérêt d'être le premier à évaluer l'analyse des performances de la séquence de diffusion en IRM 3T avec calcul du coefficient apparent de diffusion (ADC) pour la caractérisation de de la présence d'un envahissement tumoral des ganglions cervicaux dans les cancers de la sphère ORL. Les performances de cette séquence ont été corrélées à l'analyse des critères morphologiques ganglionnaires en T1 et T2 ainsi qu'au résultat anatomopathologique final.
L'analyse de l'ADC apparaît plus spécifique et plus sensible pour la prédiction de l'envahissement tumoral que l'étude des critères morphologiques – combinant taille, contours et rehaussement hétérogène.
Par ailleurs, le seuil ADC permettant d'optimiser la distinction entre ganglions envahis et ganglions sains est fixé à 0.85 x 10-3 mm2/s - spécificité de 91,1 % et une sensibilité de 91,3 %. Ce chiffre est inférieur à celui rapporté dans de précédentes études conduites à 1,5T, où la valeur seuil d'ADC allait de 0.94 à 1.38x 10-3 mm2/s. La valeur de b utilisée dans la présente étude était b800sec/mm2 alors que les précédentes études avaient utilisé une valeur de b plus élevée (b1000sec/mm2). De faux négatifs existent cependant, certains ganglions bénins conservant une valeur d'ADC basse.

Prediction of nodal metastases in head and neck cancer using 3T MRI ADC map
Lee MC, Tsai HY, Chuang KS, Liu CK, Chen MK

Pour consulter l’article :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22997167

2 articles recommandés par la FIC
(Fédération d'Imagerie du Cancer)

PET/IRM : futur ou passé ?

Les auteurs rapportent une série prospective de 20 patients porteurs d'une lésion tumorale cervicale. Le postulat est le suivant : l'IRM est l'examen de référence pour l'analyse ganglionnaire notamment morphologique, alors que le PET identifie mieux les disséminations ganglionnaires de par sa plus forte spécificité. L'acquisition PET-IRM consiste en pratique en la réalisation d'acquisitions TEP et IRM séquentielles, les deux machines n'étant pas physiquement combinées dans cette étude : les deux acquisitions successives au cours d'un même examen restent longues, avec une durée moyenne de 40 mn, dont la moitié environ consacrée à l'acquisition TEP malgré l'utilisation des techniques Time Of Flight. Cette durée n'est pas sans conséquence sur le protocole IRM et une réduction du nombre ou de la durée des séquences paraît inévitable. La qualité des fusions d'images TEP/IRM est bonne d'après les auteurs, qui notent un progrès patent par rapport au PET/TDM… mais ne se prononcent pas sur une comparaison d'images TEP et IRM obtenues de façon découplée puis fusionnées (comme lors de l'examen PET/IRM) via les logiciels idoines. De plus, les auteurs signalent un champ de vue limité de l'insert TEP sur leur machine d'expertise. Enfin, l'influence de la correction d'atténuation induite par l'IRM sur le SUV est en cours d'étude et n'est donc pas clairement connue.
Cet article constitue donc une étude de faisabilité sérieuse et est donc importante à noter car illustrant d'ores et déjà les questions que nous nous devons d'évaluer, s'agissant notamment de la pertinence de nous doter de tels équipements.

Pour consulter l’article :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=PET%2FMRI%20in%20head%20and%20neck
%20cancer%3A%20initial%20experience


Biologie moléculaire et RMN

Choi et al. rapportent dans cet article la détection et la quantification in vivo du 2-hydroxyglutarate accumulé chez les patients porteurs d'une mutation IDH1 ou 2 à l'aide d'une séquence spécifique de spectroscopie proton (édition spectrale séparée), utilisable sur un imageur 3T au même titre qu'une séquence de spectroscopie « classique ». Les auteurs soulignent deux intérêts potentiels très forts de ce type de séquence, liés à l'innocuité de la résonance magnétique. Diagnostique d'abord, devant un syndrome de masse, dans la mesure où la détection de 2-hydroxyglutarate suggère très fortement l'existence d'une mutation IDH 1 ou 2 et donc l'existence d'un gliome de grade 2 ou 3. Pronostique ensuite, en raison du caractère pronostique attaché à cette mutation ainsi que la possibilité de suivi séquentiel de la concentration en 2-hydroxyglutarate chez un patient en cours de traitement.

Pour consulter l’article :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed?term=2- hydroxyglutarate%20detection%20by%20magnetic
%20resonance% 20spectroscopy%20in%20subjects%20with%20IDH-mutated%20gliomas


Le comité de veille scientifique SFR-CERF remercie particulièrement Philippe Soyer (SIAD), Claire Boutet et Raphaëlle Souillard (CIREOL) et Rémy Guillevin (FIC) pour leur participation à ce 11ème numéro.

Nous vous souhaitons une très bonne lecture.

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