Bulletin n°4 Décembre 2010
JFR 2010 : PRIX COMMUNICATION JEUNE CHERCHEUR 2010

Les Journées françaises de radiologie 2010 ont mis la recherche à l’honneur cette année. A cette occasion, le Comité Recherche CERF/SFR a décidé de récompenser 7 candidats par le Prix de Communication Jeune Chercheur. Ces prix récompensaient un travail de recherche réalisé dans le cadre d’un Master Recherche M2 ou d’un Doctorat de Sciences, et présenté en communication ou Poster aux Journées Françaises de Radiologie 2010.


SFR - CERF : VEILLE SCIENTIFIQUE N°4

Une nouvelle dynamique s’enclenche également pour cette désormais régulière veille scientifique : à terme, tous les mois, vous seront proposés des résumés de travaux sélectionnés par le comité de veille scientifique et les sociétés d’organes et groupes associés, permettant une couverture plus large des avancées scientifiques et médicales en lien avec notre discipline.

Le bulletin de veille ce mois-ci met en avant des avancées en imagerie pédiatrique et en imagerie ORL.
Nous le verrons, si la diffusion a une nouvelle fois les honneurs de l’imagerie ORL et neuro-pédiatrique, la standardisation instrumentale de ces séquences reste une problématique d’actualité.
Et l’échographie-doppler n’a pas dit son dernier mot, notamment en imagerie pédiatrique permettant une meilleure définition des stratégies thérapeutiques devant un premier épisode de pyélonéphrite aiguë et dans la prévention des accidents vasculaires cérébraux chez les malades drépanocytaires.

Bonne lecture, et rendez vous dès le début 2011 !

Charles-André Cuénod
Responsable du comité de veille scientifique

Alain Luciani
Co-responsable du comité de veille scientifique


Remerciements à Lucie Hertz-Pannier et Guillaume Gorincour pour la SFIPP et Raphaëlle Souillard pour le CIREOL.


Contact : bulletin-veille@sfradiologie.org


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Au sommaire de ce numéro :

Imagerie Pédiatrique : Du neuf avec du vieux !!

Imagerie ORL

 

Imagerie Pédiatrique : Du neuf avec du vieux !!
Vers une meilleure sélection des candidats à la cystographie au 1er épisode de pyélonéphrite aiguë : enfin !!

Un travail conjoint des équipes de l'Hôpital Armand Trousseau (Paris), de Brest et de l'université d'Oxford, s’est attaqué au sempiternel problème du(es) rôle(s) de l'échographie dans l'infection urinaire haute chez l'enfant.

Grâce à une cohorte prospective significative de 117 patients, et à une méthodologie sans faille, les auteurs ont identifié la dilatation urétérale comme étant le marqueur le plus fiable de la présence d'un reflux de haut grade, avec une sensibilité de 73 % et une spécificité de 88 %. La spécificité reste élevée quel que soit le grade de reflux.

Les auteurs concluent que ce signe échographique pourrait pratiquement et très utilement être intégré à un algorithme décisionnel permettant de mieux sélectionner les patients devant réellement bénéficier d'une cystographie rétrograde après le 1er épisode de pyélonéphrite aiguë, probablement d'ailleurs en conjonction avec d'autres marqueurs cliniques, échographiques et biologiques, notamment les marqueurs les plus récents des infections bactériennes par exemple.

S. Leroy, S. Vantalon, A. Larakeb, H Ducou-Le-Pointe, A. Bensman
Vesicoureteral Reflux in Children with Urinary Tract Infection: Comparison of Diagnostic Accuracy of Renal US Criteria
Radiology 2010 ; 255 : 890-898

Pour consulter l’article :
http://radiology.rsna.org/content/255/3/890.long


Drépanocytose : le Doppler transcrânien au premier rang de la prévention

L'accident vasculaire cérébral est une complication redoutable de la drépanocytose. Le Doppler transcrânien est largement utilisé dans cette pathologie, et l'équipe de l'hôpital d'enfants de Philadelphie nous propose une large étude de cohorte comparant l'incidence de l'AVC avant puis après l'institution du programme de Doppler transcrânien assorti de protocoles de transfusion préventive.

Sur une série de plus de 1000 patients, ils mettent en évidence une chute très significative de l'incidence des AVC, avec seulement 2 cas survenus depuis l'institution du programme sus-mentionné !

Il reste à évaluer à long terme la morbi-mortalité d'un programme de transfusion préventive, et/ou à envisager des traitements préventifs alternatifs. Quoiqu'il en soit, ceci illustre encore une fois le rôle central de l'imagerie, et de l'écho-Doppler en particulier, dans la prise en charge multidisciplinaire et préventive de ce type d'affection pédiatrique.

H. Enninful-Eghan, RH. Moore, R. Ichord, K. Smith-Whitley, JL. Kwiatkowski
Transcranial Doppler Ultrasonography and Prophylactic TransfusionProgram Is Effective in Preventing Overt Stroke in Children with Sickle Cell Disease
J Pediatr 2010;157:479-484

Pour consulter l’article :
http://www.jpeds.com/article/S0022-3476(10)00239-8/abstract

L’IRM peut-elle prédire le pronostic moteur d’un nouveau-né présentant un AVC ischémique artériel ?
Une étude prospective d’une grande cohorte multicentrique française.

Le pronostic des AVC périnataux dépend à la fois du mécanisme artériel ou veineux et de la localisation de l’AVC, mais reste difficile à porter dès la période néonatale. Pourtant, l’hémiplégie cérébrale infantile (HCI) qui peut en résulter représente environ 20 à 30 % des cas de Paralysie Cérébrale (ou Infirmité Motrice Cérébrale), avec un handicap définitif moteur et/ou cognitif, parfois associé à une épilepsie.

A partir de la plus grande cohorte mondiale à ce jour (100 nouveau-nés avec un AVC artériel symptomatique prouvé en IRM de diffusion pendant la période néonatale et suivis prospectivement à 2 ans), les auteurs décrivent les principaux facteurs pronostiques de la survenue d’une HCI. Les 2/3 des AVC néonataux touchent l’hémisphère gauche (une minorité étant bilatéraux) et 90 % se situent dans le territoire de l’artère cérébrale moyenne, avec 68 % d’AVC superficiels, 7 % d’AVC profonds, et 25 % d’AVC mixtes.

Au total, 1/4 "seulement" des enfants ont développé une HCI. L’atteinte étendue du faisceau cortico-spinal (FCS, hypersignal sur l’IRM de diffusion précoce ou atrophie ipsilatérale du pédoncule cérébral avant 28 jours), est fortement liée à la survenue d’une HCI et est toujours présente dans les infarctus mixtes, mais dans seulement 12 % des infarctus superficiels, et jamais dans les infarctus profonds. Parmi les 75 % d’enfants avec une évolution motrice normale à 2 ans, la grande majorité avait un AVC sylvien superficiel, avec dans de rares cas une atteinte limitée du faisceau cortico-spinal.
Les conclusions de cette étude sont :
- l’importance de réaliser une IRM de diffusion en période néonatale (au mieux dans les 3 jours après les symptômes)
- l’importance de la recherche d’un hypersignal précoce du FCS en diffusion
- un pronostic moteur favorable chez les enfants présentant soit un AVC profond isolé, soit un AVC superficiel ne touchant pas la région centrale et sans atteinte du FCS.
- Un pronostic défavorable dans les infarctus mixtes, ou avec atteinte du FCS.
Le suivi de la cohorte se poursuit à 7 ans, afin de mieux détecter les troubles cognitifs, et de préciser l’évolution motrice.

Motor outcome after neonatal arterial Ischemic stroke related to early MRI data in a prospective study
Béatrice Husson, Lucie Hertz-Pannier, Cyrille Renaud, Dominique Allard, Emilie Presles, Pierre Landrieu, Stéphane Chabrier and for the AVCnn Group
Pediatrics published online Sep 20, 2010

Pour consulter l'article dans son intégralité :
http://pediatrics.aappublications.org


Imagerie ORL

Diffusion non-EPI seule : suffisante pour la détection de cholestéatome?

Cette étude, réalisée sur 57 patients suspects cliniquement de cholestéatome et 63 patients suspects de récidive, montre que la séquence IRM de diffusion non-EPI offre de meilleures sensibilité, spécificité, VPN et VPP que la séquence de référence pondérée en T1 tardive après injection de chélates de gadolinium. La combinaison de ces deux séquences n’offre pas de meilleure sensibilité que la séquence de diffusion non-EPI seule. La détection de cholestéatome sous forme d’hyperintensité sur la séquence de diffusion non-EPI (b=1000 sec/mm²) est par ailleurs moins dépendante de l’expérience du radiologue. La séquence non-EPI doit être préférée à la séquence EPI du fait d’une épaisseur de coupe plus fine, d’une meilleure résolution spatiale et d’une moindre sensibilité aux artéfacts de susceptibilité de cette région.
La détection de cholestéatome pourrait donc, dans un avenir proche, reposer sur l’utilisation d’une séquence IRM de diffusion non-EPI seule.

Middle ear cholesteatoma: non-echo-planar diffusion-weighted MR imaging versus delayed gadolinium-enhanced T1-weighted MR imaging: value in detection.
De Foer B, Vercruysse JP, Bernaerts A et al.
Radiology 2010 Jun;255(3):886-72

Pour consulter l'article dans son intégralité :
http://radiology.rsna.org/content/255/3/866.abstract?sid=95691c82-6842-4b39-b76b-636da2b924bf


Applications de la diffusion en cancérologie ORL.
La séquence IRM de diffusion SE-EPI offre de nombreuses applications en cancérologie ORL. Elle permet la détection de métastases ganglionnaires, notamment infra-centimétriques, les ganglions malins présentant un ADC bas (inférieur à 1 x 10 (-3) mm²/sec en moyenne). Elle est utile pour détecter une récidive tumorale ou ganglionnaire au cours de la surveillance post-thérapeutique, en particulier dans la phase précoce suivant une chimio-radiothérapie, cette séquence s’avérant peu sensible aux modifications inflammatoires. La caractérisation tumorale reste difficile et le seuil ADC demeure un élément à déterminer. L’application la plus prometteuse concerne la prédiction du résultat post-thérapeutique par la mesure de l’ADC avant, pendant et après le traitement, le temps idéal pour mesurer l’ADC devant encore être déterminé. Pour une meilleure reproductibilité, il est nécessaire de standardiser la séquence de diffusion EPI en déterminant le nombre et la valeur des facteurs b, la sélection du ROI pour la mesure de l’ADC ainsi que le seuil ADC pour la distinction bénin/malin.

Applications of diffusion-weighted magnetic resonance imaging in head and neck squamous cell carcinoma.
Vandecaveye V, De Keyzer F, Dirix P, Lambrecht M, Nuyts S, Hermans R.
Neuroradiology 2010;52:773-784

Pour consulter l'article dans son intégralité :
http://www.springerlink.com/content/y437x034316310p1/