HISTOIRE DE LA RADIOLOGIE DANS LE VAR


Jacques LE VOT
jacques.levot@orange.fr

L’histoire générale de la radiologie est fort bien connue et a bénéficié des meilleures plumes pour l’écrire [1], [2], [3], [4]. La Société française de radiologie, à l’occasion de son centenaire en 2009, a retracé ce riche passé technique et professionnel. Mais si l’on descend à l’échelle départementale, à l’exception des villes universitaires, ce passé n’a pas fait l’objet de recherches particulières.

Il se trouve que le Var est un département intéressant à considérer pour notre discipline médicale car il s’agit d’un département excentré, éloigné de la capitale, dépourvu de ville universitaire à l’époque de la découverte de Roentgen, peuplé principalement sur le littoral et riche d’implantations militaires hospitalières notamment à Toulon.

En parcourant plus d’un siècle après la découverte de Roentgen les établissements hospitaliers et les cabinets de radiologie de la région, il apparaissait que les éléments de l’histoire professionnelle n’étaient pas rassemblés dans le département. Il nous a donc semblé utile de retracer l’histoire de la discipline radiologique dans le Var. A cette fin, les archives, départementales, communales, hospitalières ont été consultées mais également celles des amis du vieux Toulon. Les radiologistes les plus anciens, retraités bien entendu, ont bien voulu communiquer leurs souvenirs et leurs documents. Certains étaient eux même fils d’anciens radiologues dont la vocation était née au cours du premier conflit mondial ou immédiatement après. Des personnalités extrêmement intéressantes ont surgi de ces documents ou de ces souvenirs. [5], [6], [7], [8], [9], [10], [11], [12], [13], [14], [15], [16], [17], [18], [19], [20], [21], [22], [23], [24], [25], [26], [27], [28], [29], [30], [31], [32], [33], [34], [35], [36], [37], [38], [39]

On verra cependant qu’il existe dans ce travail des lacunes. Beaucoup tiennent à la destruction d’archives au cours du second conflit mondial ou à la difficulté d’accéder à des ressources actuelles, hospitalières notamment.

LES DEBUTS DE LA RADIOLOGIE DANS LE VAR

A l’époque de la découverte de Roentgen, la presse écrite du Var, riche d’une trentaine de titres, a fait état de cette découverte historique, mais en donnant des explications qui traduisaient une incompréhension au moins partielle de la nature et des applications possibles des Rayons X [40], [41]. A Toulon, cité de 77 000 habitants en 1895, la plus importante du département, la Marine entretenait deux hôpitaux et une école de médecine avec son corps enseignant [42]. Dans cette école un enseignement « des applications de la physique à la médecine » était assuré par des pharmaciens [43], [44]. Les conditions techniques et matérielles étaient réunies pour l’utilisation des rayons X. Aussi en avril 1897, soit moins de quinze mois après la découverte de Roentgen, à l’hôpital central de Marine, rue nationale, on réalise chez un second maître de mousqueterie un cliché radiographique montrant une fracture des os de l’avant bras (Figure 1). Mais dans le même temps, un fournisseur de la Marine, Gustave Guette, commerçant avisé ou visionnaire de la médecine du futur, installe un cabinet de radiologie, 17, rue de l’arsenal [45]. Il met « à la disposition des docteurs qui le voudraient » des installations radiologiques au bénéfice de leurs malades (Figure 2). Mais les docteurs de l’époque ne répondent pas et il n’y aura pas de suite à cette proposition non médicale. Cependant, l’intérêt pour l’utilisation médicale des rayons X ne s’éteint pas. Ainsi à Toulon, en 1903, un jeune médecin, le docteur Paul Louis Barrois, à l’origine dermatologiste, formé à Paris et d’origine lilloise, installe au 31 de la rue Clappier, un cabinet d’électricité médicale avec activité de radiodiagnostic [46]. Quelques années plus tard, le docteur Georges Bouras, ancien professeur de chirurgie à l’école annexe, personnage haut en couleurs, « au verbe incessant et sonore » si l’on en croît la presse de l’époque, ouvre en 1909 au Pont du Las une clinique dotée d’équipements chirurgicaux et radiologiques « ultra modernes » comme dit la brochure de présentation [47]. Le document de présentation de cette clinique nous révèle les méthodes chirurgicales et de réhabilitation de l’époque mais surtout les techniques radiologiques et les prix des examens pratiqués, que l’on peut comparer à ceux de notre époque à la différence majeure que ceux ci n’étaient pas remboursés pour les patients qui ne disposaient pas d’assurance [48].

Fig 1b : Hôpital de la Marine. Rue nationale. 1897 (Source : Institut de médecine navale du service de santé des armées. Société des amis du vieux Toulon)

Fig 1b : Hôpital de la Marine. Rue nationale. 1897

(Source : Institut de médecine navale du service de santé des armées. Société des amis du vieux Toulon)

On aurait pu croire que Toulon, du fait de sa suprématie démographique, de ses installations hospitalières, de la présence d’un corps enseignant scientifique à l’école de médecine navale et au lycée serait très en avance sur le reste du département. Ce n’était pas vraiment le cas puisqu’à Draguignan, en 1906, un médecin de l’hôpital, le docteur Doze, propose au conseil d’administration de l’établissement d’installer un cabinet de radiologie. On ne connaît pas la suite donnée à la proposition pourtant estimée à un coût très modeste.

 

Dans la première décennie de ce XXe siècle, il y avait donc dans le département du Var un authentique début d’utilisation des RX à des fins médicales. Cela ne se faisait pas systématiquement ainsi qu’en témoigne la rubrique « chronique locale » des journaux du département, le petit Var notamment. En 1900, aux beaux jours du printemps, une certaine Marie Bobonne, (le nom n’est pas inventé !), maîtresse du sieur Eugène G…, est agressée par l’épouse en titre. Celle ci, munie d’un révolver, fusille sa rivale qui est touchée au visage. Les médecins sont persuadés qu’il existe une balle demeurée dans les parties molles de la face mais on ne recourt pas aux Rayons X pour la localiser. On retrouve par la suite de nombreuses relations d’hospitalisation pour traumatismes et corps étrangers sans que soit mentionnée la pratique d’examens radiographiques. Les comptes rendus de l’accueil des blessés de l’explosion du « Iéna » en 1907 puis de la « Liberté » en 1911 n’en font pas état non plus.

 

En ce début de siècle, à la suite des admirables travaux de Roentgen sur la physique des rayons X, les recherches fondamentales sur l’action biologique de ces rayons sont menées activement. On se doit de faire ici mention du docteur Tribondeau (Figure 3). Ce médecin de marine, toulonnais par ses affectations, bactériologiste remarquable, à la carrière étincelante mais bien trop courte, établit, avec son maître Bergonié à Bordeaux, en 1902, les lois de la radio sensibilité cellulaire et tissulaire. Ces lois exprimées, selon une rigueur scientifique exemplaire, ont servi à la compréhension de l’action des radiations ionisantes et ont jeté les bases théoriques de la radiothérapie [49], [50], [51].

La création de la société française de radiologie en 1909 passe totalement inaperçue dans le Var. Aucun varois ne figurera dans cette société avant 1929. La découverte, pourtant considérable, de la radioactivité par Becquerel à la fin du siècle ne fera l’objet d’aucune mention dans la presse varoise quotidienne. Cependant, l’importance de la radiologie n’échappe pas aux administrations puisque la création d’authentiques services d’électricité médicale et de radiodiagnostic survient en 1910 dans les hôpitaux de la Marine à la suite de la parution de la circulaire du Sous-secrétaire d’Etat Henry Cheron [52]. (Figure 4-a-b). Cette décision traduit, moins de quinze ans après la découverte de Roentgen, le désir de structurer une activité qui se pratiquait régulièrement dans les services d’électricité médicale ou dans les blocs opératoires, comme l’indiquent plusieurs articles des « Archives de médecine navale » notamment. Ces services de radiologie, électrologie et physiothérapie ne disposent souvent que d’un espace chichement mesuré. A Sainte Anne, il s’établit dans l’aile nord du pavillon no 2, futur pavillon Cunéo. A Hyères ou à Draguignan, il s’agit d’un petit réduit proche du bloc opératoire. Le matériel comporte un tube de Crookes amélioré, un support porte tubes, une table d’examen, un écran radioscopique et le matériel radiographique nécessaire à la prise des clichés. Un dispositif d’alimentation fournit la haute tension requise pour que le tube puisse produire des rayons X qui irradient largement personnels et patient.

Fig 4b : Henri Chéron, personnage public très brocardé. Caricature de Méric (Source Wikipédia)

Fig 4b : Henri Chéron, personnage public très brocardé. Caricature de Méric (Source Wikipédia)

La radiologie a donc désormais une place officielle et elle s’enseigne du moins à l’école d’application du service de santé de la Marine à Toulon. Le Médecin de première classe Etienne Douarré en est le premier enseignant de radiologie [53]. Il est aussi le premier chef du service d’électrologie et d’électrothérapie. Il enseigne de 1910 à 1913 à l’école du Service de santé de la Marine. Le docteur Lucciardi lui succède en 1913 (Figure 5)

Figure 5

Ecole d’application de la Marine en 1912. Un enseignement d’électricité et d’utilisation des rayons X y était délivré aux médecins de marine stagiaires. (Institut de médecine navale du service de santé des armées.)

Ecole d’application de la Marine en 1912. Un enseignement d’électricité et d’utilisation des rayons X y était délivré aux médecins de marine stagiaires. (Institut de médecine navale du service de santé des armées.)

LA RADIOLOGIE VAROISE ET LE PREMIER CONFLIT MONDIAL

Mais arrive août 14 et le début du premier conflit mondial. Les réservistes sont rappelés, les médecins d’active reçoivent des affectations particulières, l’école d’application de la Marine va devoir arrêter son enseignement. De nombreux médecins toulonnais d’active ou de réserve travaillent dans les hôpitaux du camp retranché de Toulon et utilisent les rayons X [54]. Le docteur Buffon [55], ancien médecin de marine, adjoint au maire de Nice, est un de ceux là (Figure 6) mais il y a aussi le docteur Loro, le docteur Barrois, tous mobilisés [56], [57], [58], [59], [60], [61]. Pendant ce premier conflit mondial la jeune discipline fait la preuve de son indiscutable utilité notamment pour la détection de corps étrangers métalliques dans le corps des blessés [62], [63], [64], [65]. Le professeur Bergonié de Bordeaux, médecin chef des équipements radiographiques de la XVIIIème région militaire viendra en 1915 présenter son électro vibreur et prendre connaissance des moyens de repérage trigonométriques dont celui du professeur Fernand Ozil [66], enseignant de mathématiques au lycée, couramment utilisé à Toulon. Bergonié retrouve à cette occasion Tribondeau qui ne tardera pas à partir vers Corfou et hélas, vers la mort. Le Var, en plus de ses hôpitaux permanents dotés en équipements radiologiques, se couvre d’hôpitaux temporaires et auxiliaires [67]. La radiologie y est structurée par une circulaire du 9 décembre 1914 créant un service radiographique central qui coordonne les activités hospitalières. Les établissements les plus importants dont ceux de Draguignan, Hyères, Brignoles, Fréjus reçoivent des matériels radiologiques fabriqués par l’industrie nationale dont la fameuse table dite militaire de Gaiffe, Gallot et Pilon avec son tube radiologique de type OM. Ils reçoivent le secours d’un équipage radiologique itinérant, la voiture radiologique no 25. Marie Curie fera un voyage dans le midi pour se faire présenter les installations radiologiques de la 15ème région. [68] (Figure 7)

Figure 7

Installation de radiologie dans un hôpital du Var pendant le premier conflit mondial (Source : musée du Val de Grâce)

Installation de radiologie dans un hôpital du Var pendant le premier conflit mondial (Source : musée du Val de Grâce)

L’ENTRE DEUX GUERRES

Les médecins qui vont développer la radiologie dans le département par la suite ont tous combattu au cours du premier conflit mondial, parfois très durement en première ligne, dans des lieux restés symboles de courage et d’horreur et pour certains ont connu la captivité comme le docteur Bouilloux ou reçu des blessures tel le docteur Guerrier. Leur intérêt pour la radiologie y a quelquefois trouvé son origine. Ainsi docteur Antoine Rochas [69] de Brignoles qui a fini la guerre dans un hôpital à Versailles, s’y est initié à la radiologie. Certains ne se destineront à la radiologie que par la suite comme Gabriel Baixe, Pierre Circan [70], jeunes étudiants de Santé navale au début du conflit, dirigés pour l’un à la première demi- brigade de fusiliers marins et pour l’autre sur le front avec l’armée de terre en tant que médecins auxiliaires. Ces radiologistes exercent principalement à Toulon, Hyères, Draguignan et Brignoles (Figure 8 a-b-c-d). Il n’y a pas, entre les deux guerres, plus de 10 radiologistes simultanément dans le département. On retrouve Etienne Douarré qui sera, après son départ de la Marine, le premier chef de service à temps partiel de l’hôpital civil à Toulon et André Bouilloux dès 1920 à Toulon, Antoine Rochas à la même époque à Brignoles et Guerrier à Draguignan [71]. Les docteurs Louis Trucy, Pierre Circan, Eugène Demouy, Bernard Chabiron, Jean Rougnon à Toulon, puis Georges Vitte à Draguignan le seront dans les années 30, certains après avoir quitté la Marine. Ils sont tous électro- radiologistes aussi bien diagnosticiens que radiothérapeutes. Cependant, le radiothérapeute exclusif du département est le docteur Joseph Amalric [72]. (Figure 9). Sa vie nous est connue grâce à l’obligeance du docteur Robert Amalric, son fils, futur radiothérapeute toulonnais lui-même. Joseph Amalric est un élève de François Baclesse et Marie Curie avec lesquels il étudie à Paris de 1918 à 1920 la radiothérapie et l’utilisation thérapeutique du radium. Sa carrière débute en 1920, boulevard de Strasbourg à Toulon. Il s’équipe progressivement d’installations de roentgenthérapie superficielle et profonde mais surtout il réalise à l’hôpital ou en clinique des applications de radium dont il est le seul spécialiste toulonnais. Au total, il pratiquera 80 à 100 applications de radium par an de 1920 à 1931 avant de s’installer dans des locaux plus vastes au 69, boulevard Maréchal Foch. Il poursuivra sa carrière, en association avec son fils, jusque dans les années 70 avant que ce dernier ne soit appelé à des fonctions plus importantes à Marseille.

Fig 8b : Antoine Rochas, radiologiste à Brignoles, en uniforme (Collection particulière docteur Pierre Rochas).

Fig 8b : Antoine Rochas, radiologiste à Brignoles, en uniforme (Collection particulière docteur Pierre Rochas).

Fig 8c. Docteur Gabriel Baixe. Radiologiste à Toulon après une carrière initiale dans la Marine. (Collection particulière)

Fig 8c. Docteur Gabriel Baixe. Radiologiste à Toulon après une carrière initiale dans la Marine. (Collection particulière)

8d. Docteur Louis Trucy. Médecin militaire puis radiologiste à Toulon après son départ de l’armée (Collection particulière Sénateur Trucy)

8d. Docteur Louis Trucy. Médecin militaire puis radiologiste à Toulon après son départ de l’armée (Collection particulière Sénateur Trucy)

Mais il nous faut ici marquer un instant d’arrêt et de recueillement à la mémoire de Paul Louis Barrois, premier radiologiste privé de Toulon, qui décède en mars 1924 à 50 ans, victime des radiations. Cet homme amoureux des arts, des lettres, de la musique ne s’est pas dérobé à l’ordre de mobilisation alors qu’il souffrait déjà de radiodermite. Il a donc quitté son épouse et ses quatre enfants. Il combattra 4 ans pendant la grande guerre, dont 2 ans sur l’île de Divo, où il s’est dévoué aux malheureux soldats serbes incurables. Le docteur Barrois, chevalier de la légion d’honneur, a été cité à l’ordre de la nation et son nom figure sur le monument érigé à Hambourg aux victimes professionnelles des radiations ionisantes. Une rue de Toulon porte son nom, par une décision du Conseil municipal de Toulon en 1925 [73], [74], [75]. (Figure 10)

Le quotidien des médecins de l’entre deux guerres et leurs équipements (Figure 11 a-b-c) nous sont connus grâce à des témoignages oraux de leur famille et bien sûr aux archives. Pierre Rochas [76] a débuté à Brignoles avec du matériel militaire à l’hôpital. Il installe chez lui ensuite, rue des Cordeliers une clinique où son habilité d’accoucheur est réputée. Il n’était pas rare à cette époque de voir des radiologistes mener de front une autre activité tout comme il n’était pas rare de voir des généralistes ou des spécialistes d’autres disciplines notamment les pneumo-phtisiologues pratiquer la radiologie [77], [78]. Antoine Rochas, clinicien exemplaire, pratique surtout la radioscopie avec ou sans produit de contraste. Ses comptes rendus colligés (Figure 12) nous donnent d’émouvants témoignages sur les pathologies de l’époque, souvent dépassées, et sur la probité de ce praticien qui ne faisait payer que ceux de ses patients qui en étaient capables. Pierre Circan et Gabriel Baixe qui s’installent tous deux à la fin des années 30 sont des radiologistes pratiquant le radiodiagnostic et la physiothérapie, selon les usages de l’époque [79], [80], [81].

Fig 11-b : Ecran

Fig 11-b : Ecran

Fig 11-c : Tube semi protégé avec refroidissement à air Matériel de radiologie 1922. Constructeur Ropiquet-Hazart-Roycourt Cet équipement est conservé au cabinet du Dr Robert et associés, Bd Bazeilles. Toulon (Collection particulière. Autorisation docteur Jacques Robert)

Fig 11-c : Tube semi protégé avec refroidissement à air

Matériel de radiologie 1922. Constructeur Ropiquet-Hazart-Roycourt

Cet équipement est conservé au cabinet du Dr Robert et associés, Bd Bazeilles. Toulon

(Collection particulière. Autorisation docteur Jacques Robert)

Figure 12

Compte rendus d’examens radioscopiques du docteur Antoine Rochas, radiologiste à Brignoles (Collection particulière : autorisation du docteur Pierre Rochas, son fils, lui-même radiologiste à Brignoles)

Compte rendus d’examens radioscopiques du docteur Antoine Rochas, radiologiste à Brignoles (Collection particulière : autorisation du docteur Pierre Rochas, son fils, lui-même radiologiste à Brignoles)

Qu’en était il des hôpitaux ? Ils ne disposaient, pour les établissements civils, que de chefs de service à temps partiel. Les archives nous donnent beaucoup de détails sur les efforts d’équipements de l’hôpital de Hyères et de Draguignan, à partir des années 20 jusqu’à la fin des années 30. Des échanges de correspondances entre le maire de Hyères et la firme Gaiffe- Gallot-Pilon pour l’achat de tubes de Coolidge, d’une table, des discussions de prix voire des réclamations se retrouvent à plusieurs reprises dans les comptes rendus des conseils d’administration. Des avis sont demandés en 1931 à un spécialiste lyonnais et au docteur Le Coniac, chef de service d’électrologie et de physiothérapie à Sainte Anne, sous la plume du docteur Valmyre, médecin des hôpitaux. Des courriers analogues sont retrouvés pour l’hôpital civil de Toulon et celui de Draguignan. L’hôpital Sainte Anne, qui vient de s’agrandir, a l’insigne honneur en 1936 d’un article de présentation dans « le journal de Radiologie et d’Electrologie » [82], [83] (Figure 13 a-b-c). Il dispose alors de 3 postes de radiodiagnostic avec une installation de développement comportant une sécheuse électrique, un étage dévolu à la physiothérapie et à la radiothérapie. L’activité privilégie les radioscopies par rapport aux radiographies. La physiothérapie et la radiothérapie représentent une part importante de l’activité de ce service désormais agrandi. Un médecin principal, chef de service, le dirige assisté de deux adjoints, d’une infirmière chargée de la physiothérapie, de deux manipulateurs ouvriers d’Etat qui sont aussi techniciens chargés des réparations et de l’entretien des appareils.

Fig 13-b : Pavillon 2 de l’hôpital maritime Sainte Anne à Toulon où était installé le service de radiologie (Collection particulière)

Fig 13-b : Pavillon 2 de l’hôpital maritime Sainte Anne à Toulon où était installé le service de radiologie (Collection particulière)

Fig 13-c : Service de radiologie de l’hôpital maritime Sainte Anne à Toulon en 1936 -Table basculante avec écran de scopie : -Pieds avec porte tubes et tubes-Alimentation électrique HT par fils trolleys-Pupitre de commande au fond. (Source : Journal de radiologie et d’électrologie, 1936, 2031,624-626)

Fig 13-c : Service de radiologie de l’hôpital maritime Sainte Anne à Toulon en 1936 -Table basculante avec écran de scopie : -Pieds avec porte tubes et tubes-Alimentation électrique HT par fils trolleys-Pupitre de commande au fond. (Source : Journal de radiologie et d’électrologie, 1936, 2031,624-626)

DESORGANISATION, STAGNATION ET DESTRUCTIONS DU SECOND CONFLIT MONDIAL

Hélas, l’histoire semble se répéter en 1939. Le déclenchement de la seconde guerre mondiale amène à rappeler les réservistes encore une fois dont les docteurs Pierre Circan et Antoine Rochas. Ce dernier, affecté à Fréjus, travaille énormément et doit accepter du repos par suite d’une irradiation excessive. Le docteur Henri Dumoulin, jeune élève de Santé navale, titulaire de 5 inscriptions validées, rejoint le 5ème régiment d’infanterie coloniale (Figure 14). Au cours de cette campagne de France si malheureuse pour nos armes, il est fait prisonnier mais s’évadera en uniforme de cheminot. Ce futur radiothérapeute de Toulon nous a laissé un émouvant récit de cet épisode ou percent la droiture de son caractère et son courage personnel. Mais le second conflit mondial est surtout une période de stagnation technique où les équipements ne se renouvellent pas [84], [85]. Par contre, le travail médical se poursuit ainsi qu’en témoignent les rapports d’activité. A la fin du conflit, les hôpitaux civils de Brignoles et de Toulon sont partiellement ou totalement détruits et les installations radiologiques démantelées. Les chefs de services de Toulon, docteur Demouy ; de Brignoles, docteur Rochas ou le docteur Trucy à Toulon ne peuvent que constater le désastre.

LA PERIODE MODERNE

LA RADIOLOGIE CLASSIQUE :

A partir des années 50, la radiologie comme l’ensemble du pays se relève lentement. On fait face à des difficultés techniques allant du renouvellement des appareils encore alimentés dangereusement par des fils aériens non isolés à des fournisseurs d’électricité défaillants. A partir de 1950, de nouveaux venus s’installent. Ainsi, les docteurs Charles Carcopino [86], et Brissy commencent une longue et fructueuse carrière à Toulon, à la fois en cabinet rue Philippe Lebon, associés au docteur Lamoureux et à l’hôpital, alors situé provisoirement boulevard Foch, respectivement en tant que chef de service de radiodiagnostic et de radiothérapie (Figure 15 a-b-c-d-e). Dans la ville de Hyères exerçent le docteur Raymond Roux, Villa renaissance, rue de Verdun, puis le Docteur Georges Bernardin, avenue des îles d’Or. A l’hôpital de Hyères, le service est dirigé par le docteur Lajat, radiologiste à temps partiel, ancien radiologiste de la Marine. Le docteur Pierre Rochas s’apprête à travailler avec son père et à lui succéder à Brignoles. Le docteur Luraschi s’installe à Draguignan ou exerce déjà le docteur Augé à son cabinet et à l’hôpital selon les modalités du temps partiel. Il a succédé en 1939 au docteur Vitte. Le docteur Henri Valadié s’inscrira dans cette succession en 1977. A Fréjus et Saint Raphael, les docteurs Kobrinsky, Pedat, Faizant, Laquière disposent aussi d’un cabinet. A La Seyne, le docteur Georges Jouffret, ancien médecin généraliste, titulaire du nouveau diplôme de radiologie délivré à la fin des années 40, ouvre son cabinet de radiologie en 1955 au 10, avenue Garibaldi. En 1958, il s’associera avec le Docteur François Perrin. (Figure 16 a-b) C’est le cabinet de radiologie « historique » de la ville, une grande ville pourtant jusque là oubliée par cette discipline, à l’exception des consultations de radioscopie au dispensaire de la ville et à l’hôpital. Son fils Maurice Jouffret lui succèdera dans les années 70.

Fig 15-b : Docteur Guy Lamoureux. Radiologiste. Chef de service à l’hôpital Font Pré à Toulon

Fig 15-b : Docteur Guy Lamoureux. Radiologiste. Chef de service à l’hôpital Font Pré à Toulon

Fig 15-c : Docteur Jean Brissy. Radiologiste associé aux docteurs Carcopino et Lamoureux

Fig 15-c : Docteur Jean Brissy. Radiologiste associé aux docteurs Carcopino et Lamoureux

Fig 15-d : Docteur Antoine Rochas. Radiologiste à Brignoles. Temps partiel à l’hôpital et cabinet en ville

Fig 15-d : Docteur Antoine Rochas. Radiologiste à Brignoles. Temps partiel à l’hôpital et cabinet en ville

Fig 15-e : Docteur Auge, radiologiste à Draguignan. Chef de service à l’hôpital à temps partiel (Collections particulières P Lamoureux, P Rochas, Madame Iban )

Fig 15-e : Docteur Auge, radiologiste à Draguignan. Chef de service à l’hôpital à temps partiel

(Collections particulières P Lamoureux, P Rochas, Madame Iban )

Fig 16-b : Docteur François Peyrin, radiologiste à La Seyne, associé du docteur Jouffret. (Collection particulière du docteur Maurice Jouffret)

Fig 16-b : Docteur François Peyrin, radiologiste à La Seyne, associé du docteur Jouffret.

(Collection particulière du docteur Maurice Jouffret)

On pratique surtout la radiologie pulmonaire, ostéo-articulaire, génitale et les explorations digestives et urinaires grâce à des produits de contraste adaptés. Mais des progrès notables arrivent. La tomographie, méthode connue depuis les années 30, qui permet d’analyser finement une tranche du corps humain, est installée en fin des années 40, à usage pulmonaire principalement (Stratix CGR) mais aussi avec des appareils de précision dont le fameux Polytome de Massiot Philips et le Stratomatic de la CGR. La roentgen télévision apparaît dans les années 60 (Figure 17 a-b-c). Lorsque les années 60 s’achèvent, les premières machines à développer font leur apparition dans les hôpitaux, les cliniques et les cabinets varois dont l’emblématique Kodak RP X Omat. Les grandes maisons de radiologie, Compagnie générale de Radiologie, Massiot Philips, Dutertre proposent ensuite des tables télécommandées avec des amplificateurs de luminance, cette fois montés sous les tables [87], [88], [89], [90]. L’innovation consiste dans la commande à distance des mouvements de la table depuis une cabine de protection où existe un moniteur de télévision. Ce sont les Diagnost de Philips et les Futurama et les Futuralix dans leur livrée orange et grise. Mais les radiologistes varois des cabinets préfèrent souvent les tables des constructeurs moins connus qui sont moins onéreuses. Le Docteur Pierre Rochas avait fait mettre au point par la firme Dutertre un amplificateur de luminance à grand champ d’entrée qui donnait d’excellents résultats et que ses associés ont pu utiliser au cabinet. La radiologie vasculaire n’est pratiquée que dans les hôpitaux et certaines cliniques par ponction artérielle directe ou par la méthode du suédois Seldinger bien moins traumatique et qui se généralise. A compter des années 70 le docteur Jean Marie Lamoureux développe cette technique à la clinique Saint Jean, Pierre Agin à Font Pré. Des installations de radiologie vasculaire sont également en fonctionnement à l’hôpital de Draguignan et Fréjus Saint Raphael. L’équipe de Sainte Anne des professeurs Jan et Gisserot travaille à partir des protocoles précis établis par le professeur Charles Larroque, perfectionnés par la suite. Les matériels sont électromécaniques, bruyants, fragiles car il s’agit d’impressionner plusieurs films par seconde, cadence requise pour l’exploration vasculaire.

Figure 17

Fig 17-a : Tomographe à balayage complexe Polytome à l’hôpital Sainte Anne à Toulon. Années 70

Fig 17-a : Tomographe à balayage complexe Polytome à l’hôpital Sainte Anne à Toulon. Années 70

Fig 17-b : Installation de radiologie pulmonaire. Années 70

Fig 17-b : Installation de radiologie pulmonaire. Années 70

Fig 17-c : Table télécommandée CGR Futurama (Collection personnelle)

Fig 17-c : Table télécommandée CGR Futurama

(Collection personnelle)

La population du département s’accroit régulièrement et les villes s’étendent [91]. Au début des années 70, on assiste de ce fait à la création de nombreux cabinets en périphérie des grandes villes [92], [93], [94]. Ainsi à Toulon au Pont du Las le docteur Kobouloff, au boulevard Bazeilles les docteurs Meunier et Ravix, à la Garde le docteur Picaud, à La Valette le docteur Lopez, le docteur Coespel à Six Fours pour ne citer que quelques noms. A cette date, 30 radiologistes oeuvrent dans le département. Leur nombre augmentera régulièrement du fait d’associations successives, y compris dans les cabinets urbains plus anciens comme le docteur Charles Larroque rue Peiresc ou les docteurs Delie et Chabassol au Pont du Las et plus tard dans d’autres localités comme le Golfe de Saint Tropez.

L’IMAGERIE EN COUPES

Mais des innovations majeures se préparent qui vont changer la discipline. Elles s’annoncent tout d’abord par l’échographie, première infidélité au strict exercice roentgenien et première entrée dans l’imagerie en coupes. De nombreux radiologistes varois s’y intéressent à Toulon, Hyères, Sanary et Draguignan. (Figure 18). Ils allaient chercher leur savoir et faire leur expérience dans les services les plus en pointe dans ce domaine dont celui du professeur Weill à Besançon. Un clivage est apparu entre ceux des radiologistes qui ne se sont pas lancés dans la nouvelle technique et ceux qui l’ont adoptée. Le docteur Besson, installé à Six Fours, bien qu’en fin de carrière a été un de ceux là. Tous ces radiologistes ont par la suite accueilli leurs confrères. On peut saluer leur initiative et reconnaître leurs mérites car la qualité de l’imagerie échographique d’alors ne parvenait pas toujours vaincre le scepticisme des correspondants, dans le var comme ailleurs.

Alors que l’échographie se diffusait et s’installait dans le département grâce à l’avènement des appareils numériques et à la suprématie des sondes à barrettes d’origine japonaise voici que les radiologistes du Var sont amenés à s’intéresser au scanner dont les prodigieuses performances leur sont révélées lors des congrès scientifiques de la fin des années 70. Sous l’égide de nombreuses personnalités déterminées comme le docteur Pierre Joffard, l’amiral Turc, le docteur Agin, le docteur Beyssac, le docteur Rinaldi et d’autres encore se constitue une association nommée « un scanner pour les varois » [95], [96], [97], [98], [99], [100], [101], [102], qui se propose de recueillir des fonds et d’alerter l’opinion, par l’intermédiaire de la presse, pour faire pression afin que le Var soit équipé de ce type d’appareil (Figure 19 a-b). Longue et dure bataille, avec ses hauts et ses bas, gagnée définitivement en 1984 lorsqu’on installe un scanner CE 12000 dans le service radiologie de l’hôpital Font Pré, dirigé par le Docteur Agin. D’autres associations se créeront, à l’exemple de celle de Toulon, pour l’affectation de scanner à Hyères sous la présidence respective de l’amiral Turc, à la Seyne aussi grâce aux efforts du docteur Reyre, chef de service. Par la suite, les budgets hospitaliers, des emprunts, les dotations de l’Etat permettront d’équiper les hôpitaux du département à la demande des chefs de service.

Fig 19-b : Conseil d’administration de l’association « Un scanner pour les varois ». Dr Pierre Joffard, président, Dr Pierre Agin, Amiral Turc, Dr Rinaldi, Mme Micheline Beaufort, Mme Jacqueline Cassard, M. Louis Chabre (Collection particulière Amiral Turc)

Fig 19-b : Conseil d’administration de l’association « Un scanner pour les varois ». Dr Pierre Joffard, président, Dr Pierre Agin, Amiral Turc, Dr Rinaldi, Mme Micheline Beaufort, Mme Jacqueline Cassard, M. Louis Chabre

(Collection particulière Amiral Turc)

L’hôpital Sainte Anne recevra son premier scanner en 1986 à la suite d’un plan d’équipement global des hôpitaux des armées décidé par le directeur central du service après forte impulsion du conseiller pour l’imagerie d’alors le médecin général Bocquet [103], [104].

 

Vient alors « le temps des scanners » car dans les années qui suivront tous les services hospitaliers et les cliniques seront dotées de ces appareils. A noter que le premier scanner en clinique a été celui de la clinique mutualiste Malartic à Ollioules en 1987 et que le premier scanner privé a été celui installé dans les locaux de la Croix rouge française, boulevard Foch à Toulon à l’initiative des radiologistes privés. Ce centre porte le nom de Georges Bernardin, en l’honneur de ce confrère, président du syndicat des radiologistes du Var [105].

 

Les radiologistes varois ont vécu ces années de 1980 à l’an 2000 comme « l’âge d’or de l’imagerie » tant la discipline, installée sous cette dénomination en 1995, avait pris alors de l’importance dans l’art médical. Chacun se rendait compte désormais que la notion d’hôpital s’associait à l’existence d’un scanner ; celle de service d’urgence à l’accès à cette machine 24 heures sur 24. Du même coup, les radiologistes sont sortis de « l’auxiliariat humiliant » où certains confrères affectaient de les tenir. Les directions hospitalières l’ont bien compris qui organisaient de belles et coûteuses cérémonies à chaque inauguration ou officiels, associations, professionnels, techniciens et industriels étaient conviés. Les équipes radiologiques se faisaient photographier autour de leurs machines, conscientes de leur nouveau statut mais avant tout heureuse de participer à une aventure scientifique et humaine inédite [106] (Figure 20 a et Figure 20 b).

Figure 20

Fig 20-a : L’équipe du premier scanner varois à l’hôpital Font Pré (CE 12000) en 1984

Fig 20-a : L’équipe du premier scanner varois à l’hôpital Font Pré (CE 12000) en 1984

Mais le temps de la primauté des scanners durera peu car voici qu’arrive l’Imagerie par résonance magnétique, imagerie anatomique et fonctionnelle, n’utilisant pas les rayons X, 2ème infidélité au monde de Roentgen. La première IRM du département est installée en 1990 à l’hôpital Sainte Anne par la firme General Electric (Figure 21). Il s’agit d’un appareil à champ élevé de 1.5 Tesla choisi pour satisfaire à toutes les explorations et plus particulièrement aux explorations neurologiques de cet hôpital où existe un service de neurologie et de neuro chirurgie. L’hôpital Font Pré fera 2 ans après l’expérience d’un appareil à bas champ. L’IRM sera diffusée par la suite aux hôpitaux et à certaines cliniques du département avec parfois des partenariats d’acquisition ou de fonctionnement public-privé.

TABLEAU DE LA RADIOLOGIE VAROISE ACTUELLE :

Après ces mutations successives, la radiologie varoise a alors pris son visage moderne. Elle a depuis longtemps abandonné la physiothérapie et devenue imagerie s’est séparée de la radiothérapie au début des années 70 [107]. On se souvient que longtemps les formations furent communes et que les services hospitaliers comportaient toujours un département de radiothérapie. Mais le premier appareil de radiothérapie moderne, une bombe au Césium, fut installée dans les locaux de la Croix Rouge, rue Berrier Fontaine à Toulon en 1962. Par la suite apparurent les bombes au cobalt et les accélérateurs linéaires. Désormais installés sur le site de Sainte Musse à Toulon, les 5 radiothérapeutes varois sont des oncologues travaillant au sein d’une équipe composée de manipulateurs, de physiciens et de techniciens. Le service est largement informatisé, dispose d’une unité de radiophysique et d’un scanner pour les simulations prétraitements. Le docteur Jacques Bobo a été le dernier médecin dans le var à pratiquer le diagnostic et la radiothérapie ; les docteurs Robert Amalric, Pietra, Dumoulin et Gourrion venaient eux aussi d’une formation radiologique commune. Le docteur Pierre Lamoureux et Michel Resbeut étaient déjà des radiothérapeutes exclusifs.

 

Pour faire face à l’évolution démographique, la radiologie varoise a dû accroître le nombre de ses médecins qui dépasse 150 désormais [108], [109], [110], [111] (Figure 22). La profession s’est féminisée largement. Elle a vieilli aussi ce qui posera vraisemblablement problème dans les années à venir. Le radiologiste varois libéral partage son temps entre son cabinet et les vacations de scanner et d’IRM dans les cliniques. La radiologie dite « classique » a vu ses indications se restreindre. L’activité se concentre désormais sur l’échographie et la mammographie, initiée par quelques uns dont Charles Carcopino, JM Blanc, H Valadié et d’autres. Les radiologistes de ville, fort concernés par cette pratique, se sont d’emblée lancés dans le dépistage systématique du cancer du sein dans le cadre de l’association ISIS 83, créée en 1994 (Figure 23). Certains d’entre eux assurent la deuxième lecture des clichés. La motivation des radiologistes varois pour cette action de santé publique doit être saluée. Elle a permis un renouvellement complet des matériels, la numérisation de la quasi-totalité des installations, le contrôle de la qualité des images et une expertise accrue des personnels. De ces progrès indiscutables, les patientes sont à l’évidence les bénéficiaires.

Si la l’imagerie varoise reste « généraliste » dans son ensemble, Il y a quelques particularités malgré tout. Ainsi en milieu hospitalier ou en clinique, la discipline se concentre sur ce que nous appelons l’imagerie en coupes (IRM et scanner) et sur la radiologie interventionnelle. On s’intéresse moins à l’échographie à l’inverse de ce qui se constate dans les cabinets. L’échographie obstétricale est abandonnée par les radiologistes sauf au Centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael où le docteur Pradines, fort d’une riche expérience, la pratique encore [112]. La spécialisation concerne la radiologie vasculaire et interventionnelle, récupération spectaculaire de la dimension thérapeutique par la discipline, apanage des hôpitaux et cliniques. On peut citer à ce propos la pratique de la radiologie interventionnelle neurologique à l’hôpital Sainte Anne à Toulon (Professeur Charles Artéaga)

 

Des pans de compétence de l’imagerie ont fait l’objet d’appropriations par des disciplines d’organes. Je mentionnerais les actes cardiologiques coronarographies, dilatations coronaires et poses d’endoprothèses, pratiqués désormais exclusivement par les médecins de cette discipline avec un talent incontestable, l’utilisation du scanner pour les TEP scan ou en radiothérapie. Il en va de même pour l’échographie largement enseignée et diffusée désormais en dehors de la radiologie. Le centre de formation en médecine navale de l’Ecole du Val de Grâce organise deux fois par an, à Sainte Anne, un stage d’échographie destiné aux médecins en situation d’isolement. Mais la radiologie n’est pas menacée pour autant par cette diffusion du savoir. Cela était déjà le cas jadis avec les pneumo phtisiologues et les gastro entérologues qui pratiquaient couramment les examens radiologiques de leurs disciplines respectives.

LES AUTRES ACTEURS DE LA RADIOLOGIE VAROISE [113], [114], [115], [116]

Mais on ne saurait réduire la radiologie aux seuls radiologistes. Les manipulateurs, au nombre de 369 dans le département en 2010, eux aussi largement féminisés, ne sont plus les maîtres Jacques d’antan, bons à tout faire, quasiment formés « sur le tas » selon l’expression populaire. Ce sont des professionnels issus d’une scolarité longue. Mais il n’y a plus dans le Var depuis la disparition du centre d’instruction de manipulateurs d’électro radiologie des armées (CIMERA) dirigé par le commandant Sutto en 1996 (Figure 24), et de la très brève expérience de l’hôpital Font Pré dans les années 90, d’établissement de formation de manipulateurs de radiologie. Les manipulatrices et manipulateurs d’électro-radiologie ont de belles perspectives de carrière et de beaux choix professionnels devant eux. Dans notre département, singulier par ses implantations militaires, la multiplicité des opérations militaires extérieures a fait que certains de nos manipulateurs varois ont une expérience solide de la radiologie en campagne et en situation de conflit. (Figure 25)

Fig 24-b : Une promotion d’élèves manipulateurs en 1990 (Collection particulière Monsieur Sutto)

Figure 24 : Une promotion d’élèves manipulateurs en 1990

(Collection particulière Monsieur Sutto)

La radiologie vit aussi grâce à ses secrétaires, personnels dont on aurait tort de sous estimer l’importance. Elles sont en première ligne de la radiologie, au téléphone s’efforçant de trouver ou de déplacer un rendez vous pour des patients toujours pressés ; à l’accueil devant des personnes anxieuses à qui il faut bien faire comprendre l’importance de la préparation à l’examen, l’arrêt ou la poursuite des prises médicamenteuses avant des explorations ou des gestes interventionnels. Leur rôle d’avant-garde dans cette chaîne de sécurité est primordiale.

La radiologie, discipline médico-technique, ne peut évidemment se passer des techniciens. Dans les hôpitaux ces techniciens hospitaliers assuraient jadis les dépannages courants, voire des démontages et remontages, prélevant ici les pièces d’un générateur ou d’une table désaffectés pour remplacer ceux d’un appareil en panne. Ce fut pendant de longues années le travail des techniciens hospitaliers notamment à l’hôpital Sainte Anne où ces personnels, issus des ouvriers ou techniciens de l’arsenal, bénéficiaient d’une solide formation professionnelle. Les constructeurs disposaient bien entendu de techniciens. Monsieur Viscaino [117], qui a débuté chez Massiot en 1961 (Figure 26) et a fondé ensuite son entreprise, illustre parfaitement le rôle des professionnels des firmes dans le var. Il a monté des installations neuves et réparé des installations en panne dans les divers hôpitaux ou cabinets de la région. Parfois, raconte Monsieur Viscaino, on travaillait tard dans la soirée voire la nuit. Ainsi, il se souvient d’une nuit où il achevait le réglage d’un moteur de cassettes, dispositif destiné à améliorer la qualité de l’image. Il était une heure du matin mais l’intervention s’achevait. Il demande alors à son aide de terminer le travail en coupant les longueurs excédentaires des fils d’entraînement de la cassette puis de placer les capots. Il ne resterait plus qu’à nettoyer la zone de travail et l’appareillage serait prêt pour l’ouverture de la salle dans quelques heures à peine. Mais l’aide, ensommeillé, se trompe et d’un coup malheureux de pinces coupantes, il sectionne un des câbles d’entraînement au lieu de la longueur excédentaire. Il faut reprendre la totalité du travail. Mais la salle sera prête malgré tout au prix d’un labeur de toute une nuit.

Si l’on se retourne sur ce passé radiologique dans le département, on s’aperçoit que le département n’a pas été en retard sur le reste du pays. De nos jours, tous les établissements hospitaliers, les cliniques et les cabinets du département sont parfaitement équipées. Les images circulent grâce au réseau, décoré de l’acronyme trompeur de PACS dans les services hospitaliers et les cliniques. Elles s’affichent sur les innombrables écrans plats d’origine asiatique qui ont remplacé les négatoscopes. Les nouveaux établissements construits, dont l’hôpital Sainte Musse à Toulon, l’hôpital d’instruction des armées Sainte Anne à Toulon [118] et les établissements moins récents mais rénovés, concentrent le meilleur de la technologie du moment (Figure 27 a-b-c-d-e-f-g-h). Dans le privé, la tendance à la dissémination des cabinets de proximité se ralentit compte tenu de la constitution de pôles d’imagerie. Pour l’heure, les radiologistes varois sont en majorité en secteur I mais comme leurs confrères de l’hexagone s’indignent des mesures parfois autoritaires qui leur sont imposées en matière de tarifs. Le poids économique de la radiologie est important puisqu’il conduit, selon les chiffres de la Caisse primaire d’assurances maladie, à rembourser 30Mn€ en 2010 pour la seule imagerie dont 46 % pour l’échographie et le reste pour les autres techniques d’imagerie, scanner et IRM comprises [119].

Fig 27-b : Une salle de radiodiagnostic à l’hôpital Sainte Musse

Fig 27-b : Une salle de radiodiagnostic à l’hôpital Sainte Musse

Fig 27-c : Scanner à l’hôpital Sainte Musse (2012)

Fig 27-c : Scanner à l’hôpital Sainte Musse (2012)

Fig 27-d : Le nouvel hôpital d’instruction des armées Sainte Anne à Toulon

Fig 27-d : Le nouvel hôpital d’instruction des armées Sainte Anne à Toulon

Fig 27-e : Le centre hospitalier de Draguignan

Fig 27-e : Le centre hospitalier de Draguignan

27-f : Le centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael

27-f : Le centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael

Fig 27-g : Salle d’échographie au centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael,

Fig 27-g : Salle d’échographie au centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael,

Fig 27-h : Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne. Equipe radiologique réunie autour du chef de service docteur JM Reyre et du cadre du service Monsieur Descloux devant le scanner de l’établissement. (Collection particulière)

Fig 27-h : Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne. Equipe radiologique réunie autour du chef de service docteur JM Reyre et du cadre du service Monsieur Descloux devant le scanner de l’établissement.

(Collection particulière)

CONCLUSION

Le var ne s’est pas tenu à l’écart de la découverte fondamentale de Roentgen et la première utilisation médicale des rayons X a eu lieu moins de 15 mois après le cliché historique de la main de l’épouse de l’illustre savant. La création de service de radiodiagnostic et d’électrothérapie remonte à 1910 à l’hôpital Sainte Anne et Saint Mandrier à Toulon. Le premier conflit mondial a entraîné le développement de la discipline dont l’essor s’est réellement produit après le second conflit mondial et l’avènement de la sécurité sociale. L’opinion publique s’est mobilisée largement pour que le département soit doté d’un scanner dès les années 80. Actuellement la radiologie varoise est forte de 160 radiologistes, 370 manipulateurs. Elle est très bien équipée et s’est engagée dans les programmes de santé publique notamment le dépistage du cancer du sein. Le statut de la discipline n’est discuté par personne de nos jours dans les établissements du département. Si l’on devait exprimer quelques regrets ce serait sur le vieillissement du personnel médical et l’absence de formation locale des personnels techniques depuis la disparition des écoles de formation des manipulateurs. On rajoutera, qu’à l’exception de l’hôpital Sainte Anne, il faut déplorer qu’aucun souvenir ne soit gardé des personnels qui ont travaillé en cabinet ou dans les hôpitaux. Aucune liste des chefs de service n’est affichée dans les services qui permettraient de se souvenir de ceux qui ont œuvré dans notre discipline. C’est pourquoi, des tableaux, non exhaustifs, rappellent quelques noms de ces radiologistes varois. (Tableau no 1) (Tableau no 2)

RESUME

 

L’histoire de la radiologie dans le département du var est présentée de façon chronologique. Elle est établie à partir des archives, parfois lacunaires et d’entretiens avec les professionnels de la radiologie en activité ou retraités. Elle insiste sur les particularités du département notamment l’absence de structure universitaire à l’époque de la découverte de Roentgen et la forte implantation militaire avec un équipement hospitalier important. L’article relate l’époque des pionniers, l’essor de la radiologie au cours du premier conflit mondial et l’époque moderne avec une description de la situation actuelle humaine et matérielle. Cet article met aussi en exergue quelques personnalités marquantes de la discipline et la mobilisation de l’opinion pour l’obtention des premiers scanners.

Tableau no 1 : Chefs de service de radiologie des hôpitaux publics du var

La Seyne sur Mer

Docteur Owen

1914-1918

1er conflit mondial

Docteur Jouffret

Après 1 955

Docteur Perce

Docteur Reyre

Depuis 1979

Toulon

Chalucet Hôtel-Dieu

Docteur Etienne Douarre

1924-1932

Temps partiel

Docteur Eugène Demouy

1932-1950

Temps partiel

Docteur Guy Lamoureux

1950-1963

Temps partiel

Docteur Charles Carcopino

1950-1963

Temps partiel

Docteur Sylvain Poujol

1966-1987

Praticien temps plein

Docteur Beyssac

1987-2002

Praticien temps plein

Font-Pré (1963-2012)

Docteur Charles Carcopino

1963-1987

Temps partiel

Docteur Pierre Agin

1987-2010

Praticien temps plein

Sainte-Musse (2012)

Nouvel hôpital

Docteur Carriez chef de pôle

Depuis 2012

Praticien temps plein

Docteur Bocquet, responsable de service

Depuis 2012

Praticien temps plein

Draguignan

Docteur Doze

1906

Médecin de l’hôpital

Docteur Guerrier

1920-1927

Radiologiste, temps partiel

Docteur Vitte

1927-1939

Temps partiel. ORL de l’hôpital également

Docteur Auge

1943-1977

Praticien. Temps partiel

Docteur Valadié

1997-1987

Praticien. Temps partiel

Docteur Reins

1987-1994

Temps plein

Docteur Garnier

Depuis 1994

Praticien temps plein

FRÉJUS-SAINT-RAPHAËL

Docteur Guerrier

1929-1934

Saint Raphael

Fréjus

Docteur Le Van Truoc

1934-1950

Saint Raphael

Fréjus

Docteur Faizand

1950-1952

Saint Raphael

Fréjus

Docteur Michel Raymond

1952

Saint Raphael

Nouvel hôpital commun en 1967

Docteur Passail

1980-2002

Praticien hospitalier temps plein

Docteur Pradines

Depuis 2002

Praticien hospitalier temps plein

BRIGNOLES

Docteur Antoine Rochas

1921-1962

Temps partiel

Docteur Pierre Rochas

1949-1990

Temps partiel

Docteur Leydet

Depuis 1990

Temps partiel

HYÈRES

Docteur Lajat

Après guerre

Docteur R. Roux (intérim)

Après guerre

Docteur Amarger

1968-1996

Docteur Sansot

1996-2009

Docteur Genestat

Depuis 2009

Tableau no 2 : Hôpital Maritime Sainte Anne-Toulon et hôpital d’instruction des armées Sainte Anne à Toulon. Chefs de service et enseignants

SERVICE D’ÉLECTROTHÉRAPIE. ENSEIGNANTS

Douarre E

1910-1913

Lucciardi JL

1913-1914

Guerre 14-18

Interruption d’enseignement

Douarre E

1920-1922

Bertaud du Chazaud JX

1922-1924

Le Coniac H.C

1924-1931

SERVICE D’ÉLECTRORADIOLOGIE ET PHYSIOTHÉRAPIE. ENSEIGNANTS

Le Coniac H.C

1931-1934

Chretien E.J

1934-1943

Negrié J.A

1946-1946

Chretien E.J

1946-1947

Le Gallou M.P

1947-1950

Le Bihan R.J

1950-1955

CHAIRE D’ÉLECTRO-RADIOLOGIE. PROFESSEUR D’ÉLECTRORADIOLOGIE

Le Bihan R.J

1956-1957

Lagarde C.A

1957-1959

Boisot J.J

1959-1961

Dumoulin H.E

1961-1962

Fontayne A.R

1962-1966

Esquirol E.M

1967-1972

En 1968, l’hôpital maritime devient hôpital d’instruction des armées

PROFESSEURS DE RADIOLOGIE, RADIOBIOLOGIE CLINIQUE ET RADIOPROTECTION

Esquirol E.

1973-1974

Jan P.

1980-1985

Gisserot D.

1985-1990

Le Vot J.

1990-1993

En 1993, les écoles d’application sont regroupées au Val de Grâce à Paris

PROFESSEURS ÉCOLE DU VAL DE GRACE

Solacroup J.C.

1995-2002

Artéaga Ch.

Depuis 2002

BIBLIOGRAPHIE


1. Nahum H. Historique de la société française de radiologie. Société française radiologie. Gaphibel. 92, avenue P.Deschanel. Bruxelles. 1999

2. Pallardy G. Massiot. J.Radiol, 1989, 70, 6-7, 435-438

3. Pallardy G. Compagnie générale de radiologie (CGR). J.Radiol, 1989, 70, 369-373

4. Pallardy G, Pallardy MJ, Wackenheim A. Histoire illustrée de la radiologie. Editions Roger Dacosta-Paris-542 pages

5. Entretien avec le docteur Pierre Agin, radiologiste, ancien chef de service de radiologie de l’hôpital Font Pré à Toulon, janvier 2012

6. Entretien avec le docteur Robert Amalric, avril 2011

7. Entretien avec le docteur Jeannine Amarger, ancien chef de service de l’hôpital de Hyères, le mercredi 29 février 2012.

8. Entretien avec le docteur Jacques Bobo, radiologiste à Toulon, 12 août 2011

9. Entretien avec le docteur Jean Philippe Boutin, centre hospitalier de Hyères, 9 mars 2012

10. Entretien avec le docteur Bocquet, responsable de structure interne, service de radiologie et d’imagerie du Centre hospitalier Toulon La Seyne, hôpital Sainte Musse le 21 janvier 2013.

11. Entretien avec Monsieur Gilles Bretagne, responsable commercial PACA de GE Healthcare, division scanners, 22 mars 2012

12. Entretien avec le docteur Charles Carcopino, avril 2011

13. Entretien docteur Coespel Jean Marie. 12 juillet 2012

14. Entretien Monsieur D’Andréa, technicien firme GE, 10 octobre 2011

15. Entretien avec les docteurs Delie et Chabassol. Toulon, 12 septembre 2011

16. Entretien avec Monsieur Guy Drapier, ancien cadre supérieur médico-technique de l’hôpital de Draguigan, 3 avril 2012

17. Entretien avec Monsieur Ficara, Directeur Commercial France GE Healthcare Technologies, 2 mars 2012

18. Entretien avec les Docteurs Flandin et Rigole, Draguignan, 20 juin 2012

19. Entretien avec Michel Garino, technicien en radiologie, 2011

20. Entretien avec le docteur Thierry Garnier, chef du service de radiologie de l’hôpital de Draguignan, février 2012

21. Entretien avec le docteur Pierre Gayrard, pneumo-phtisiologue, 24 avril 2012

22. Entretien avec le docteur Laurence Gitard, radiologiste, 16 octobre 2011

23. Entretien avec le Commissaire général Huille : dossier Pierre Circan, radiologiste à Toulon, mars 2011

24. Entretien avec le docteur Maurice Jouffret, radiologiste, 8 mars 2012

25. Entretien avec Madame Léandri, journaliste, lundi 24 octobre 2011

26. Entretiens manipulateurs HIA Sainte Anne. 13 septembre 2011

27. Entretien avec Monsieur Marc Montoya, cadre de santé, service de radiologie, hôpital de Brignoles, 22 mars 2012

28. Entretien avec docteur Patrice Pommier de Santi, pneumo-phtisologue à l’hôpital de La Seyne, 2 avril 2012

29. Entretien avec le docteur Pradines, chef du service de radiologie, centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael, novembre 2011

30. Entretien avec le docteur Pierre Ravix, radiologiste, mars 2011

31. Entretien avec le docteur J.M Reyre, chef de service de radiologie à l’hôpital de La Seyne sur mer, 21 octobre 2011

32. Entretien avec le docteur Jacques Robert, radiologiste, Toulon, 2 septembre 2011

33. Entretien avec le docteur Pierre Rochas, radiologiste, Brignoles, 2 septembre 2011

34. Entretien avec le Professeur Jean Claude Solacroup. Clinique Malartic. Ollioules, 1er septembre 2011

35. Entretien avec le docteur Michel Sansot, radiologiste, centre hospitalier de Hyères, 9 mars 2012

36. Entretien avec Monsieur Sougey, ancien manipulateur, Monsieur Jean Philippe Mealares, cadre de santé, docteur Frédérique Martin Teule, chef de service de radiologie, Madame Reich, direction. Hôpital Renée Sabran à Giens, lundi 25 juin 2012

37. Entretien avec Michel Sutto, ancien directeur du Centre d’instruction des manipulateurs de radiologie des armées. 2011

38. Entretien avec JB Veyrières, interne des hôpitaux des armées, 10 octobre 2011

39. Entretien avec Monsieur Jean Viscaino, ingénieur technico commercial, 4 octobre 2011.

40. Les Rayons X. Journal « petit Var », année 1896, no 5632 du 3 avril 1896.

41. Les Rayons X (Suite). Journal « petit Var », année 1897, no 5633 du 4 avril 1896

42. Loi, décrets et règlements concernant l’institution de l’école principale et des écoles annexes du Service de santé de la Marine du 10 avril 1890. Archives de médecine navale et coloniale, 1890, 54, 321-356 et règlement intérieur 401-427

43. Barberet P. Historique du Service de Santé militaire de l’aire toulonnaise. Archives du Service historique de la Défense (SHD). Toulon. TO-4-4201R

44. Gisserot D. Leçon inaugurale, École d’application du Service de santé pour la Marine, Toulon 1989

45. Laboratoire de radiographie. Rayons X. Roentgen. Journal « petit Var », Jules Guette. 1897, 17 août

46. Service historique de la Défense, site de Vincennes. Dossiers Barrois GR/5Ye145251, Douarre, côte MV/CC7 4ème moderne, 2066/1 Guerrier, MV/CC7 4ème moderne 2123/38, Vitte, GR/8Ye109042

47. Clinique chirurgicale et orthopédique du docteur Georges Bouras, Place colonel Bonnier, Pont du Las, Toulon. Brochure, Imprimerie P Tissot, Toulon. 1910

48. Archives départementales, Draguignan : H dépôt 1/638 ; 1/668 ; 1/673 ; 1/1182 ; 1/1883 ; 1/1665, 1/1900 ; 1/1901 ; L6 ; L8, L9 ; L10 ; L11 ; L12

49. Bergonié J, Tribondeau L. De quelques résultats de la radiothérapie et essai de fixation d’une technique rationnelle. Comptes-rendus des séances de l’Académie des Sciences, 143, 1906, 983–985

50. Blanquet P, Delorme G : Jean-Alban Bergonié professeur de médecine : l’homme, le savant, le visionnaire, Mémoire de Bordeaux, de la Communauté urbaine et de ses communes (Bordeaux), 2000, 97 p.

51. Brisou B. Louis Tribondeau. Conférence du 8 avril 2010. Bordeaux. Ancienne Faculté de Médecine

52. Création de services de radiologie et d’électrothérapie dans les hôpitaux principaux des chefs lieux d’arrondissement maritimes à Saint Mandrier et Sidi Abdallah. Circulaire du Sous secrétaire d’Etat à la Marine Henry Chéron. Archives de médecine navale, 1910, 94, 217-223

53. Service historique de la Défense, site de Vincennes. Dossiers Barrois GR/5Ye145251, Douarre, côte MV/CC7 4ème moderne, 2066/1 Guerrier, MV/CC7 4ème moderne 2123/38, Vitte, GR/8Ye109042

54. Correspondances du préfet maritime de Toulon, 1915, 1916, 1917. Service Historique de la Défense, cartons 2A7 290, 2A7 291, 2A7 292

55. Journal « Petit Niçois » du 25 mai 1912. Portrait du Docteur Alexandre Buffon.

56. Annuaires de la Marine nationale. 1909, 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919, 1920, 1936, 1942. Imprimerie nationale

57. Buffon A. Localisation des projectiles. Repéreur normal. Compas radiologique chirurgical. Archives médecine navale, 1917, 104, 161-174 et 353-355

58. Journal « Le petit Var », année 1915,

59. 2 septembre : A l’hôpital Sainte Anne. L’électro-vibreur de Bergonié découvre d’infimes éclats d’obus.

60. 3 septembre 1915 : à l’hôpital de Saint Mandrier

61. 15 octobre 1915 : la recherche des projectiles dans le corps. Deux nouveaux dispositifs des docteurs Loro et Buffon

62. Cassiau H. La radiologie militaire française pendant la « Grande Guerre » de 1914-1918, Thèse de doctorat en médecine, Université Claude Bernard Lyon I. UFR Lyon-RTH Laennec, octobre 1997.

63. Haret G. La radiologie dans le Service de santé militaire de l’Armée française pendant la guerre 1914-1918. J Radiol, no 7, 1919, 329

64. Centre de documentation du musée du Service de Santé des Armées. ; Archives de la XVème région militaire, service central de radiographie et d’électrothérapie. Rapport d’activité mensuel. Hôpital complémentaire N° 52 du 3 février 1917. Hôpital complémentaire no 53 du 4 avril 1917, Hôpital complémentaire no 55 du 31 octobre 1918.

65. Radiguet Massiot. Supplément au catalogue de radiologie 1911. BIUM 12, rue de l’école de médecine. 75006-Paris. www.biusante.parisdescartes.fr/histmed/medica

66. Ozil F. Quelques remarques sur la localisation des projectiles. Marseille médical, 1er octobre 1916

67. Olier F, Quenec’dhu J-L. Les hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918. Tome 4. France sud est. Ysec ed, 27404 Louviers Cedex

68. Centre de documentation du musée du Service de Santé des Armées. ; Archives de la XVème région militaire, service central de radiographie et d’électrothérapie. Rapport d’activité mensuel. Hôpital complémentaire N° 52 du 3 février 1917. Hôpital complémentaire no 53 du 4 avril 1917, Hôpital complémentaire no 55 du 31 octobre 1918.

69. Entretien avec le docteur Pierre Rochas, radiologiste, Brignoles, 2 septembre 2011

70. Entretien avec le Commissaire général Huille : dossier Pierre Circan, radiologiste à Toulon, mars 2011

71. Service historique de la Défense, site de Vincennes. Dossiers Barrois GR/5Ye145251, Douarre, côte MV/CC7 4ème moderne, 2066/1 Guerrier, MV/CC7 4ème moderne 2123/38, Vitte, GR/8Ye109042

72. Entretien avec le docteur Robert Amalric, avril 2011

73. Délibération du Conseil municipal de la ville de Toulon. Séance du 27 février 1925. Délibération 192500145/145-Vue 172. Archives municipales de Toulon. (Attribution de noms de rues-Dr Paul Louis Barrois)

74. Holthusen H, Meyer H. Ehrenbuch der radiologen aller nationen. Urban & Scharzenberg ed, Munchen, 1959

75. Service historique de la Défense, site de Vincennes. Dossiers Barrois GR/5Ye145251, Douarre, côte MV/CC7 4ème moderne, 2066/1 Guerrier, MV/CC7 4ème moderne 2123/38, Vitte, GR/8Ye109042

76. Entretien avec le docteur Pierre Rochas, radiologiste, Brignoles, 2 septembre 2011

77. Entretien avec le docteur Pierre Gayrard, pneumo-phtisiologue, 24 avril 2012

78. Entretien avec docteur Patrice Pommier de Santi, pneumo-phtisologue à l’hôpital de La Seyne, 2 avril 2012

79. Gaiffe-Gallot-Pilon. Catalogue de matériel de radiologie de haute fréquence et d’électrothérapie. Imprimerie E Bouquet, Paris 1920-1923. CNAM musée. ISO.4-GAI

80. Archives départementales, Draguignan : H dépôt 1/638 ; 1/668 ; 1/673 ; 1/1182 ; 1/1883 ; 1/1665, 1/1900 ; 1/1901 ; L6 ; L8, L9 ; L10 ; L11 ; L12

81. Archives municipales de Hyères. Série 3M28. Hôpital. Travaux. Installation. Lumière. 1920-1921. Série 3Q5 (57-1-4) Hôpital. Matériels divers. Série 2 H 95. Administration militaire. Guerre 14-18.

82. Chrétien. Le nouveau service d’électro-radiologie de l’hôpital maritime Sainte Anne. J Radiol, 1936, 20, 11, 624-626

83. Rapports techniques annuels du médecin chef de l’hôpital Maritime Sainte Anne. Années 1932 à 1945, 1957 à 1963

84. Correspondances du médecin chef. Années 1942 et 1945. Archives Hôpital maritime Sainte Anne. Toulon.

85. Rapports techniques annuels du médecin chef de l’hôpital Maritime Sainte Anne. Années 1932 à 1945, 1957 à 1963

86. Entretien avec le docteur Charles Carcopino, avril 2011

87. Entretien avec Monsieur Gilles Bretagne, responsable commercial PACA de GE Healthcare, division scanners, 22 mars 2012

88. Entretien avec Monsieur Ficara, Directeur Commercial France GE Healthcare Technologies, 2 mars 2012

89. Registre des conseils d’administration de l’hôpital hospice de Fréjus 1900-1968. Archives municipales, Zone industrielle du Capitou ; 391 avenue Louis Lepine, Fréjus

90. Registre des conseils d’administration de l’hôpital hospice de Saint Raphael. Années 1903-1914 ; 1914-1929 ; 1929-1935 ; 1936-1941 ; 1942-1955. Archives municipales de Saint Raphael. Rapports techniques annuels du médecin chef de l’hôpital Maritime Sainte Anne. Années 1932 à 1945, 1957 à 1963

91. Recensement de la population. Populations légales 2009 en vigueur en 2012. Institut national de la statistique et des recherches économiques (INSEE). Consultable sur le site www.insee.fr/fr/ppp/bases-de-donnees/…/populations-legales/.

92. Conseil national de l’Ordre des médecins. Secrétariat général. Service Tableau. Statistiques et fiches administratives médecins

93. Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR). 168 A, rue de Grenelle - 75007 Paris.

94. Le Marec Christelle. A la découverte du monde du travail. Mémoire d’une élève de 4ème sur le centre d’imagerie médicale des docteurs Picaud, Védrunes, Roy à La Garde. Année 1995

95. Entretien avec Madame Léandri, journaliste, lundi 24 octobre 2011

96. Entretien avec le docteur Pierre Agin, radiologiste, ancien chef de service de radiologie de l’hôpital Font Pré à Toulon, janvier 2012

97. Entretien avec le docteur J.M Reyre, chef de service de radiologie à l’hôpital de La Seyne sur mer, 21 octobre 2011

98. Entretien avec Monsieur Sougey, ancien manipulateur, Monsieur Jean Philippe Mealares, cadre de santé, docteur Frédérique Martin Teule, chef de service de radiologie, Madame Reich, direction. Hôpital Renée Sabran à Giens, lundi 25 juin 2012

99. Entretien avec le docteur Pradines, chef du service de radiologie, centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael, novembre 2011

100. Entretien avec le docteur Charles Larroque 2012

101. Entretien avec le Professeur Jean Claude Solacroup. Clinique Malartic. Ollioules, 1er septembre 2011

102. Entretien avec le docteur Michel Sansot, radiologiste, centre hospitalier de Hyères, 9 mars 2012

103. Journal « Var Matin République ». Hôpital Sainte Anne. 28 novembre 2007. « Sainte Anne change d’ère »

104. Rapports techniques annuels du médecin chef de l’hôpital d’instruction des armées Sainte Anne. Années 1981 à 2004

105. Journal « Var Matin République ». Inauguration d’un nouveau scanner au centre Georges Bernardin, boulevard Foch, 1988

106. Journal « Var Matin République ». 23 novembre 2011. Un centre hospitalier flambant neuf pour Toulon. Inauguration du nouvel hôpital ». 17 novembre 2012. Nouvelles technologies. Equipements biomédicaux. 7 décembre 1985. « Les hôpitaux de Draguignan, Fréjus, Grasse et Cannes envisagent de se cotiser pour acheter un scanner ». 8 juin 1988.Radiologie un service riche en devenir

107. Journal « Var Matin République »19 décembre 1997 : 1er avril 1998. « Hôpital Saint Louis, c’est fini » Annonce de la fermeture du secteur hospitalier. Maintien des activités de radiothérapie. 8 avril 2003. La Croix rouge française à Sainte Musse.

108. Caisse primaire assurance maladie du Var (CPAM Var). Département Gestion du Risque et Relations avec les Professionnels de Santé. Avril 2011. Eléments statistiques sur la radiologie année 2010.

109. Conseil national de l’Ordre des médecins. Secrétariat général. Service Tableau. Statistiques et fiches administratives médecins

110. Fédération nationale des médecins radiologues (FNMR). 168 A, rue de Grenelle - 75007 Paris.

111. Les radiologues libéraux en région PACA. Source URML. 2012 A consulter sur le site de l’URML PACA

112. Entretien avec le docteur Pradines, chef du service de radiologie, centre hospitalier de Fréjus Saint Raphael, novembre 2011

113. Caisse primaire assurance maladie du Var (CPAM Var). Département Gestion du Risque et Relations avec les Professionnels de Santé. Avril 2011. Eléments statistiques sur la radiologie année 2010.

114. Le Marec Christelle. A la découverte du monde du travail. Mémoire d’une élève de 4ème sur le centre d’imagerie médicale des docteurs Picaud, Védrunes, Roy à La Garde. Année 1995

115. Les manipulateurs d’ERM au premier janvier 2010 in les professions de santé au premier janvier 2010. Série statistique 144. Consultable sur le site de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). www.sante.gouv.frEtudes recherches et statistiques - DREES

116. Ministère de la santé – Direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques – données « Adeli » sur les manipulateurs en électroradiologie en exercice au 1er janvier 2005.

117. Entretien avec Monsieur Jean Viscaino, ingénieur technico commercial, 4 octobre 2011.

118. Journal « Var Matin République : 23 novembre 2011. Un centre hospitalier flambant neuf pour Toulon. Inauguration du nouvel hôpital ». 17 novembre 2012. Nouvelles technologies. Equipements biomédicaux. 8 juin 1988. « Un scanner pour l’hôpital ». 28 novembre 2007. « Sainte Anne change d’ère »

119. Caisse primaire assurance maladie du Var (CPAM Var). Département Gestion du Risque et Relations avec les Professionnels de Santé. Avril 2011. Eléments statistiques sur la radiologie année 2010.